Livre culte numéro 3: Persuasion – Jane Austen

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Etant en révisions dites intensives pour cause de désorganisation complète, j’en profite pour partager avec vous une chronique que j’avais publiée il y a quelques semaines sur Lire Ou Mourir (ICI).

Persuasion est un livre que j’ai découvert en format Poche édité par Archipoche (L’Archipel) et vendu 6,50€ dans toutes les bonnes librairies!

Quatrième de couverture:

Anne est la seconde fille de l’honorable Sir Elliot de Kellynch. Persuadée par son amie Lady Russel, elle a dû rompre ses fiançailles avec le jeune Frederick Wentworth, un officier de marine pauvre, car il ne présentait pas les assurances d’un bon parti. Huit ans plus tard, sa famille connaît des revers de fortune. Son père décide alors de louer le château familial à l’amiral Croft, qui se trouve être le beau-frère de Frederick. Anne appréhende de revoir celui qui est  resté son grand amour. Alors que s’achève la guerre avec la France, le capitaine Wentworth, fortune faite, revient avec le désir de se marier pour fonder un foyer. Il a conservé du refus d’Anne la conviction que la jeune fille manquait de caractère et se laissait trop aisément persuader…

Mon avis:

Il est des auteurs qui savent nous frapper en plein cœur, nous toucher si profondément qu’on leur assure tout de suite une place de choix dans notre bibliothèque et, une fois leur livre fermé, on ressasse encore et encore les péripéties qui nous y ont été contées. Jane Austen en fait partie, pour moi tout du moins. Et ce, depuis la seule lecture de Persuasion.

Jusqu’à présent, je pensais aimer l’univers de Jane Austen, sans en être toutefois sûre. Tout cela grâce au magnifique film de Joe Wright, “Orgueil et préjugés”. Et puis j’ai eu la chance de recevoir l’édition 2011 de Persuasion, le dernier livre écrit par l’auteure juste avant sa mort. Et tout a changé en moi.

J’ai d’abord découvert, dans la préface, un aperçu de la vie de l’auteure, assez éloigné du film “Jane” que j’avais vu quelques semaines plus tôt. Seulement six livres à son actif, et pourtant une importante notoriété d’auteure romantique auprès des jeunes femmes, et ce depuis plus de 200 ans, cela laisse songeur! Emmanuel Dazin y présente aussi quelques aspects du livre Persuasion, aspects qui m’ont alors fait penser que ce livre ne connaitrait pas de fin heureuse, que l’héroïne y sacrifierait son bonheur et ses aspirations romantiques comme l’auteure l’avait fait dans sa propre vie. Pendant toute ma lecture de Persuasion, je ne pensais qu’à ça. J’avais à la fois hâte de savoir la suite de l’histoire et peur d’une telle fin. Et j’ai été bien surprise, croyez-moi!

Tout au long des 223 pages de Persuasion, j’ai été subjuguée.

Subjuguée par la force de cette histoire qui fait se croiser bon nombre de personnages hauts en couleurs dans l’Angleterre rurale du XIXème siècle. Les caractères y sont présentés sans ombrage, c’est vrai, beaux et cruels tout à la fois. Oui, à l’époque, le rang et la fortune, ainsi que la beauté physique, importaient. Oui, à l’époque, à partir de 25 ans, la vie d’une jeune femme était finie et elle avait intérêt à être déjà mariée car les signes du temps sur son visage ne l’y aideraient pas par la suite. Les péripéties sont à la fois attendues (ce n’est pas ici qu’une navette spatiale va se poser sur les bains chauds de Bath !) et surprenantes. L’histoire est simple, tout semble couler de source, et pourtant, j’ai été surprise à de nombreuses reprises par des événements toutefois pas si inattendus que cela. Le rythme du roman est bien dosé, réaliste. L’aspect “temps” de l’histoire est bien mené et me donne presque à penser que cette histoire est vraie. L’histoire est bien présentée, les pages se tournent avant même d’y penser. On est happés par l’histoire, on sent notre cœur se soulever de joie par moment ou notre gorge se serrer quand le désespoir de l’héroïne se fait sentir. Et on relit volontairement certaines phrases juste parce qu’elles sont arrivées pile au bon moment, et qu’elles sont tournées d’une manière si élégante, j’insiste sur ce mot, qu’on aimerait s’en souvenir toute notre vie.

Subjuguée aussi, donc, par le style de Jane Austen, qui allie parfaitement les (assez longues, il est vrai) descriptions, très réalistes, aux discours les plus vifs. Je ne me suis pas ennuyée une seule minute en sa compagnie. Chaque phrase est dosée avec minutie, tout passe à merveille dans l’esprit du lecteur, à savoir moi. J’en oubliais où j’étais, l’heure qui tournait, mes impératifs personnels. Il n’y avait plus qu’Anne, les Elliot et moi, dans une même pièce, à assister à un concert ou à se balader au bord d’une route, par petits groupes. La preuve d’un grand talent.

Subjuguée, enfin, par Anne, cette héroïne presque parfaite, indispensable à tous, et qui passe pourtant inaperçue une grande partie du temps. C’est la personne qu’on aimerait tous incarner dans notre vie, à quelques détails près, et j’imagine bien qu’elle a été ainsi dépeinte par Jane Austen parce qu’elle aurait aimé être Anne, tout simplement. D’autant plus que leurs vies se ressemblent à s’y méprendre…

Le seul reproche que je puis faire est l’avalanche de personnages qui m’a parfois perdue en route, m’obligeant à relire ma phrase ou à vérifier quelques pages plus tôt ce que j’y avais lu. Tous sont importants, aussi peut-être serait-il alors utile d’intégrer à la prochaine édition du livre un schéma explicatif des relations entre les différents personnages du monde de Persuasion.

Pour finir, je souhaitais m’attarder quelques instants sur ce livre en tant qu’objet. Son format de poche est vraiment très pratique par son volume et son poids, cela m’a permis de ne pas m’en séparer, qu’il soit dans mon sac ou entre mes mains! J’ai apprécié sa couverture qui n’est autre qu’un tableau de Sir Franck Dicksee, ainsi que les scènes du livre disséminées ça et là (et toujours au bon endroit de l’histoire), dessinées par Hugh Thompson au XIXème siècle. En un mot comme en cent, il est parfait!

Le moment est venu pour moi de clore cette chronique littéraire et je reste sur ma faim. J’ai tellement été bouleversée par ce roman qu’il n’existe pas de mots pour vous montrer l’étendue de mon si profond trouble. J’ai A-DO-RE ce livre et cela, non seulement grâce au style de l’auteure (ici traduite par Mme Letorsay en 1882 – qui avait alors déformé les noms propres de l’histoire, corrigés dans cet ouvrage), mais aussi grâce à son histoire juste, profonde et irrémédiablement romantique. Donc je terminerais cette critique en vous pressant d’acheter ce livre qui pourra changer votre vision de la vie, tout simplement.

La note de l’addicte: 5 Etoiles

Et vous, vous connaissez Jane Austen et ses 6 oeuvres romantiques?

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Ce livre a été lu avec plaisir, mais aussi dans le cadre du Challenge Austenien (ICI et LA) et Challenge God Save The Livre (ICI et LA).

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11 commentaires sur « Livre culte numéro 3: Persuasion – Jane Austen »

  1. Un excellent roman, merci pour ce billet enthousiaste. Juste un petit rectificatif : Jane Austen ne fait pas partie du courant romantique, même s’il est beaucoup question d’amour dans ses romans. C’est un auteur qui se veut classique (prône l’équilibre entre raison, sentiments et convenances sociales)

  2. Ahh, moi aussi j’ai adoré ce livre !! Un véritable coup de coeur. Si tu veux prolonger cette lecture, l’adaptation faite pour la BBC est vraiment bien.

  3. L’année dernière, je me suis retrouvée par hasard à participer au festival Jane Austen, sans trop y connaître grand chose. J’avais lu 5 livres et bien aimé mais ce n’est qu’en ayant lu Persuasion que ma tête s’est mise à tourner et que je suis devenue fan incontestée de Jane.

    J’ai donc tout lu, vu plein de films et de séries et là, je viens de finir à l’instant “Pride & Prejudice and Zombies”, c’est pour dire.

    J’ai été très touchée par Persuasion et ça me fait plaisir que quelqu’un parle de ce livre et non du sempiternel Orgueil et Préjugés (qui est très bon aussi, il faut l’admettre ^^ ).

  4. J’adore Persuasion!!!! Je pense même l’aimer plus encore qu’orgueil et préjugés! Mais c’est vrai que de temps en temps, relire une phrase ne fait pas de mal! 😉

  5. Je resens au plus profond de mon coeur tout ce que tu dis sur ce livre et tu le dis magnifiquement!! Et quel plaisir de trouver chez toi autant d’enthousiastes de ce livre!!

  6. J’ai une bonne nouvelle pour vous: vous n’avez pas lu la version complète de Persuasion et vous avez donc une bonne raison de (re)lire votre livre “adoré”! La traduction de Mme Letorsay (si c’est bien la même que celle qu’on trouve gratuitement en pdf sur internet) est agréable à lire mais TRÈS abrégée (à moins que Archipoche – qui a rectifié les noms propres ait aussi réintroduit les nombreux passages supprimés, ce qui m’étonnerait puisque la version Folio fait plus de 300 pages sans la préface ni les notes tandis que celle d’archipoche ne compte au total que 256 pages, le préfacier reconnaissant d’ailleurs que Mme Letorsay “emprunte certains raccourcis”). Cela dit la traduction de l’édition folio n’est pas très fluide (et même parfois assez pénible à lire). Celle de 10/18 est peut-être meilleure mais pas idéale non plus… Austenement votre. Olivier

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